ÉCOLES DE TAUROMACHIE ET ENFANTS TOREROS
Certaines écoles de tauromachie enseignent aux enfants, dès six ans, « l'art » de torturer et de mettre à mort. Les pouvoirs publics leur distribuent, ainsi qu'aux organisateurs de corridas, de larges subventions dont le total se porte à plusieurs millions ! Il s'agit, cela va sans dire, de l'argent de tous les contribuables.
La loi est telle que dans une zone de tradition locale ininterrompue, n'importe qui peut torturer et tuer un veau dans des conditions effroyables. Des enfants s'y font la main, l'épée entre, ressort, on se met à plusieurs pour tenter d'achever l'animal et l'agonie se termine dans un bain de sang.
Pourtant le code du travail interdit formellement aux mineurs de moins de seize ans d'être produits dans une entreprise de spectacles. Malgré ce, les organisateurs n'hésitent pas à les utiliser et passer outre, car le public a besoin de sensations de plus en plus fortes. L'arène n'est-elle pas l'ultime endroit où l'on peut encore, en toute légalité, se délecter de la mort de l'animal et parfois en prime de celle d'un homme ? Alors, un enfant, pensez donc ! Nous sommes néanmoins parvenus à faire condamner le directeur des arènes de Nîmes à une amende de 1 524 euros pour infraction à la législation du travail.
SUBVENTIONS, SÉDUCTION ET DUPERIE
Pour ce qui est des subventions publiques, le sondage réalisé en 1998, par l'institut Ipsos, à notre demande, montre que 54 % des Nîmois désapprouvent le financement public des écoles de tauromachie. Il ressort aussi que 70,4 % des 18/24 ans sont favorables au remplacement des corridas par des courses camarguaises, spectacles sans cruauté.
La promotion de la tauromachie s'infiltre partout, dans les établissements scolaires et même dans les hôpitaux. À la Timone, à Marseille, de jeunes toreros n'ont pas hésité à monter devant de petits cancéreux un spectacle, certes sans effusion de sang, mais qui amène insidieusement les enfants à aimer le goût du sang et la cruauté. Pour preuve : le directeur des arènes de Nîmes les convia à assister à une novillada* peu après.
La corrida joue sur le registre pervers de la séduction : les couleurs, l'habit de lumière, le dépaysement, la fanfare, le soleil. Tout est pensé afin d'occulter la réalité sanglante, jusqu'à évoquer fallacieusement « ces taureaux que l'on ne tue pas », lors des corridas portugaises. Or, ces taureaux-là sont systématiquement abattus dès leur retour au toril, loin des regards. Ainsi la morale paraît sauve... C'est pourquoi l'Alliance a intenté une action en justice, constat d'huissier à l'appui, pour mettre en exergue l'hypocrisie des organisateurs,qui, au moyen d'une publicité mensongère, créent la confusion dans l'esprit du public.
C'est également très « tendance » d'assister à une corrida. Certains ont honte d'avouer qu'ils n'aiment pas ce spectacle de crainte de ne pas être intégrés. Ils préfèrent laisser faire, laisser dire, faire comme si. C'est ainsi qu'on en vient peu à peu à perdre son âme et à subir la dictature d'une minorité qui joue sur le sentiment de culpabilité. La corrida, devenue la vitrine de la France, les protecteurs des animaux étaient généralement tournés en dérision. Mais depuis quelques années, à force de présence et de travail, la roue tourne en notre faveur et les consciences s'éveillent...
*novillada : spectacle similaire à la corrida avec des animaux plus jeunes